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Société & Santé

4 villages ivoiriens contestent un décret de Ouattara : accusé avec un Procureur de corruption , un préfet parle

4 villages ivoiriens contestent un décret de Ouattara : accusé avec un Procureur de corruption , un préfet parle

Le mardi 18 juillet 2017, les populations des villages du Pongala-nord (Koffre, Koudin, Yellé et Toungboli) dans la sous-préfecture de Kasséré, région de la Bagoué (Boundiali, 550 kilomètres au nord d’Abidjan) ont pris d’assaut la préfecture de Boundiali et le tribunal. La raison : ils refusent de voir leurs villages rattachés à la sous-préfecture de Baya, alors que le préfet Gombagui Gueu Georges, et le substitut du procureur Kouadio Sylvère disent n’appliquer qu’un décret du Chef de l’État.

Tout est parti du transfèrement des registres de l’état civil de ces villages dits du Pongala-Nord, le vendredi 14 juillet 2017 à la sous-préfecture de Baya (un autre village de Boundiali) par le substitut du procureur. Depuis 2010, année de création de cette sous-préfecture, les populations des villages de Koffre, Koudin, Yellé et Toungboli ont refusé d’y être rattachées, préférant rester sous la tutelle de la sous-préfecture de Kasséré dont ils font partie depuis 1974. Leur volonté avait été respectée jusqu’à maintenant.

Docteur Ouattara Brahima, Enseignant-chercheur au département d’histoire à l’Université Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan, fils de la région l, explique : « L’histoire entre ces 4 villages et celui de Baya n’a jamais été un fleuve tranquille, le village de Baya étant réfractaire à toute idée d’union et de solidarité. La localité de Baya est la seule parmi les villages du Pongala Nord à avoir refusé de faire partie de l’Association créée depuis 2007 l, et dénommée Pongala Nord. Mieux, Baya a toujours manifesté son opposition à toute structure visant à regrouper les fils et filles du canton Pongala. Elle a refusé de participer aux activités de la Mutuelle de Développement Economique et Social du Pongala (MUDESPO) qui regroupe tous les ressortissants de la sous-préfecture de Kasséré ». Or, pour l’historien, la cohésion sociale entre les localités « est le premier critère qui milite à l’érection d’une localité en sous-préfecture. ». D’un point de vue historique, selon l’historien, Baya est un campement du village de Toungboli.

Ce que des anciens du village tels que Coulibaly Fonon, l’actuel chef village de Toungboli, Coulibaly Télégué, notable à Toungboli, Ouattara Zié et Ouattara Nanourgo, notables à Yellé, Coulibaly Kafolo et Koné Alimoni, notables à Nongana, Koné Drissa et Coulibaly Sonfolo, respectivement chef du village et notable à Koffré, Koné Bakary et Coulibaly Samba, chef du village et notable à Koundin, confirment.

Pour eux, « ce sont les populations de Toungboli qui ont créé de toutes pièces le campement de Baya » à une période que l’on situerait vers la fin du 19e siècle juste avant le passage des sofas de Samori Touré en route pour Sikasso dans le cadre de la guerre contre Tièba, le roi du Kénédougou.

Avec ce rappel historique brandi, les populations du Pongala-Nord sont formelles qu’elles « n’appartiendront jamais à la sous-préfecture de Baya ». Les chefs Ouattara Zié et Coulibaly Yacouba affirment de façon déterminée : « ce ne sont pas les errements d’un préfet et d’un substitut du procureur corrompus à coups de millions et de têtes de bœufs et autres dons matériels, qui nous feront changer d’avis sur la question. Notre décision de ne jamais appartenir à la sous-préfecture de Baya n’est pas négociable ».

Interrogé sur la question le préfet Gombagui explique : « la sous-préfecture de Baya a été créée par un décret. Et le décret délimite le territoire de cette sous-préfecture qui comprend 6 villages. Seulement, il y a 4 villages qui ne veulent pas être rattachés à la sous-préfecture de Baya pour des raisons qui leur sont propres. Nous, en tant qu’autorités, représentants du gouvernement et du président de la République, notre devoir, c’est d’appliquer les décisions du gouvernement. C’est la première mission d’un préfet. Un préfet n’a pas à juger ou à interpréter un décret. S’il constate que l’application d’un décret pose problème, il se retourne vers celui qui a pris le décret et lui dis, voilà les difficultés rencontrées sur le terrain pour appliquer le décret. Mais, il ne modifie pas le décret. Il y avait un préfet intérimaire ici. C’est ce qu’il a fait. Il a modifié le décret présidentiel. Et il a rattaché les 4 villages qui se plaignent à la sous-préfecture de Kasséré. Moi, je suis arrivé. Cette manière de procéder, je ne l’approuve pas, parce qu’il n’appartient pas à un préfet de modifier un décret.

Quand je suis arrivé, ils m’ont dit que le décret ne leur est pas opposable. Je leur ai dit, dans l’état actuel des choses, je trouve que le décret vous est opposable. Maintenant, si vous ne voulez pas appartenir à la sous-préfecture de Baya, allez voir le ministre de l’intérieur pour lui dire que vous ne voulez pas appartenir à la sous-préfecture de Baya. Mais, moi, en tant que préfet je ne peux pas juger un décret pris par le président de la République. Concernant les accusations de corruption, je me demande bien qui va me donner cet argent-là. Vous savez, c’est malheureux quand vous avez affaire à des cadres qui ne veulent pas comprendre, et qui font sortir les populations pour marcher sur la préfecture et le tribunal. Ils poussent les parents à l’affrontement. Ça leur coûte quoi d’aller voir le ministre de l’intérieur. Moi, je ne peux pas modifier un décret présidentiel. Mon collègue qui l’a fait, je ne sais pas sur quoi il compte. Mais, dans l’administration, on ne peut pas. C’est inimaginable. Ils disent que j’ai fait partir les registres à Kasséré. Ce n’est pas vrai. En matière des états civils, c’est du ressort du Procureur. En matière des états civils, le sous-préfet ne dépend pas du préfet, mais du Procureur. C’est donc le Procureur qui a décidé de ne s’en tenir qu’au décret en transférant tous les registres de Kasséré à Baya. »

Joint par téléphone pour avoir sa version des faits après les précisions du Préfet, le substitut du Procureur Kouadio, n’a pas souhaité réagir. En attendant, les populations de cette zone de la Côte d’Ivoire restent sur le pied de guerre avec les représentants de l’administration.$

Source: www.afrikipresse.fr

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